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6 octobre 2026

Sauvetage d’Alaa Al-Qatrawi passé de Gaza à la Drôme

Deux couples de la Drôme ont permis à Alaa Al‑Qatrawi, poétesse gazaouie au cœur brisé, de fuir Gaza et de rebâtir sa vie à Montélimar.

Sauvetage d’Alaa Al-Qatrawi passé de Gaza à la Drôme

Au cœur du conflit qui ravage Gaza depuis des années, chaque jour voit des familles perdre leurs repères, leurs proches, voire leurs rêves. Alaa Al-Qatrawi poétesse dont les vers résonnaient déjà comme des cris d’espoir, a vu son univers s’effondrer lorsqu’une frappe israélienne a fauché ses quatre enfants. Le deuil le plus brutal imaginable a poussé la survivante à chercher désespérément une issue, loin du bruit des bombardements.

La mobilisation inattendue de la Drôme

Dans le petit département de la Drôme deux couples de volontaires se sont rencontrés grâce à des réseaux de solidarité internationale. Animés par une conviction profonde que chaque vie compte, ils ont entrepris de construire, à partir de rien, le chemin qui mènerait Alaa hors de la zone de guerre. Leur stratégie a reposé sur trois leviers: l’obtention de visas d’urgence, la recherche d’un hébergement temporaire en France et la coordination avec des ONG œuvrant sur le terrain. Ces démarches, souvent fastidieuses, ont été menées en quelques semaines grâce à une coordination hors du commun.

Du désert de Gaza à la douceur de Dieulefit

Le premier arrêt de l’exode a été la ville de Dieulefit connue pour son artisanat du verre et son accueil chaleureux. Là, Alaa a pu respirer loin du fracas des explosions, tout en retrouvant un semblant de normalité grâce à l’hébergement fourni par les habitants. Pendant plusieurs semaines, la poétesse a partagé son histoire avec les résidents, transformant sa douleur en ateliers d’écriture communautaire. Les mots, devenue son unique bouée, ont commencé à porter le poids du souvenir sans toutefois l’alourdir davantage.

Montélimar, nouveau foyer et renaissance littéraire

Après Dieulefit, le trajet s’est conclu à Montélimar ville du nougat mais surtout nouveau domicile d’Alaa. Installée dans un appartement modeste, elle a bénéficié du soutien d’associations locales qui ont aménagé un espace de travail dédié à la création artistique. Chaque jour, la poétesse s’assied devant son cahier, les mots coulant comme une rivière de résilience. Écrire devient non seulement une méthode de survie psychologique, mais aussi un moyen de rendre hommage à ses quatre enfants, dont le souvenir demeure vivant dans chaque vers.

Le parcours d’Alaa Al-Qatrawi illustre la puissance d’une solidarité régionale capable de franchir les frontières géographiques et politiques. Cette histoire, qui aurait pu rester un murmure dans l’ombre du conflit, résonne aujourd’hui dans les rues de la Drôme, rappelant à tous que l’action humaine peut faire basculer le destin d’une vie. La poétesse continue d’écrire, chaque phrase un pas de plus vers la reconstruction d’une existence marquée par la perte mais illuminée par l’espoir offert par des inconnus devenus protecteurs.

Marc Aubertin
Auteur

Marc Aubertin

Marc Aubertin est passé par un doctorat en physique avant de choisir le journalisme. Il lit les publications dans le texte et sait reconnaître une étude préliminaire d'un résultat consolidé.