Les préoccupations environnementales croissantes, les réglementations plus strictes et la pression concurrentielle poussent les entreprises à repenser leurs stratégies de récupération des produits. Deux approches principales émergent: le remanufacturing qui consiste à remettre un produit usagé à neuf, et le recyclage qui transforme les anciens produits en nouvelles matières premières.
Les entreprises ajustent régulièrement la part accordée à chacune de ces méthodes dans leurs stratégies. Par exemple, Xerox spécialiste de l’impression, a augmenté la part du remanufacturing de 11 % à 15 % entre 2020 et 2021, tandis que le recyclage reculait de 74 % à 69 %. En 2024, ces proportions ont de nouveau évolué, avec 6 % de remanufacturing et 81 % de recyclage.
Les stratégies de récupération des produits
Notre recherche vise à aider les entreprises à élaborer des stratégies de récupération des produits cohérentes et résilientes. Pour ce faire, nous avons identifié dix stratégies possibles, allant de l’absence totale de récupération à la récupération complète.
Une telle concurrence existe déjà dans le secteur automobile, où plusieurs acteurs remanufacturiers indépendants, tels que Terrepower et Borg Automotive font face à des équipementiers comme Valeo. Les équipementiers et les remanufacturiers indépendants décident chacun de la quantité de produits usagés à récupérer. Les remanufacturiers indépendants consacrent les produits récupérés pour les remettre à neuf, tandis que les fabricants d’origine peuvent opter soit pour le remanufacturing, soit pour le recyclage, ou encore pour une combinaison des deux.
Les coûts et la demande
Le choix optimal dépend de la concurrence, des coûts et de la demande. Par exemple, les remanufacturiers indépendants n’entrent sur le marché que si le coût de la remise à neuf d’un produit usagé est inférieur à un seuil critique. Les entreprises peuvent identifier la stratégie la plus adaptée en faisant varier les coûts de production, de collecte, de recyclage et de remise à neuf d’un produit usagé, l’efficacité des matériaux recyclés, et la disposition des consommateurs à payer et leur acceptation des produits remanufacturés.
L’importance de l’économie circulaire
Alors que l’Union européenne vise à doubler la circularité à 24 % d’ici 2030, les marchés du recyclage et du remanufacturing devraient croître. Tandis que le recyclage est déjà courant dans l’industrie, le remanufacturing reste faible (environ 2 % du marché manufacturier), malgré son fort potentiel pour la durabilité.
Notre recherche montre que les politiques favorisant la concurrence, comme la responsabilité élargie du producteur, n’augmentent pas toujours la circularité ou modifient les stratégies de récupération. Nous constatons que la concurrence des remanufacturiers indépendants peut accroître le recyclage des fabricants d’équipements d’origine et réduire leurs activités de remise à neuf de produits usagés.
Les solutions pour les fabricants
Pour atténuer les effets de la concurrence, les fabricants d’équipements d’origine peuvent agir via la conception des produits, ce qui limite le remanufacturing par les remanufacturiers indépendants. Ils peuvent aussi renforcer leur image de marque, comme Volvo ou choisir la collaboration ou l’acquisition de remanufacturiers indépendants, comme Caterpillar. Cette intégration augmente la rentabilité de la chaîne d’approvisionnement (+ 7,1 % en moyenne), mais n’est pas toujours meilleure pour l’environnement (25 % des cas).
Les perspectives d’avenir
Ce travail fait partie d’un programme sur la durabilité. Afin de mieux éclairer les choix de stratégies de récupération, nous avons déjà mené un projet complémentaire sur le rôle de l’écoconception, l’incertitude de l’offre, la greeness des consommateurs et les réglementations dans ces décisions.
Nous préparons des propositions de financement national pour un projet sur la collaboration dans les chaînes d’approvisionnement circulaires, en étudiant les réseaux multiacteurs et la résilience face à l’incertitude. Les recherches futures combineront études cas multiacteurs, workshops, entreprises-chercheurs et outils d’analytique, avec une ouverture aux entreprises intéressées.



