L’été 2026 restera gravé dans les annales climatiques de l’Europe. Un enchaînement de vagues de chaleur, de sécheresse exceptionnelle et d’ensoleillement record a marqué ce mois de juillet, faisant de cet été un événement historique. Les conséquences sur les écosystèmes, les ressources en eau et les populations sont déjà considérables.
Dès la fin du mois de mai, l’Europe occidentale a été plongée dans une séquence exceptionnelle de fortes chaleurs. Cette tendance s’est intensifiée en juillet, avec des records de températures battus dans de nombreux pays et une sécheresse qui s’est aggravée sur une grande partie du continent.
Un contexte atmosphérique exceptionnel
Tout au long du mois, la circulation atmosphérique est restée figée. Un vaste dôme de chaleur s’est installé entre l’Espagne, la France puis l’Europe centrale, alimenté en air torride par une goutte froide au large du Portugal. Un puissant anticyclone dominait régulièrement le centre et le sud du continent, repoussant les perturbations atlantiques vers la Scandinavie ou l’Islande.
Cette configuration de blocage, qui se répète presque sans interruption depuis la deuxième quinzaine de mai, explique la durée et l’intensité remarquables des fortes chaleurs. Un flux de sud à sud-ouest transportait de l’air subtropical très chaud depuis le Maghreb, aggravant la situation.
La France face à un mois de juillet sans précédent
La France a connu son mois de juillet le plus chaud jamais observé, avec une anomalie de +3,7°C par rapport aux normales. Il s’agit même du mois le plus chaud tous mois confondus jamais enregistré dans l’Hexagone, devant juillet 2006 (+3,2°C). Les épisodes de chaleur ont été particulièrement durables: Paris a connu 15 jours de forte chaleur, tandis que Lyon en a enregistré 25.
La sécheresse s’est accentuée avec des situations parfois exceptionnelles: aucune goutte de pluie n’est tombée à Dunkerque ni à Blois durant tout le mois. L’ensoleillement a lui aussi atteint des niveaux remarquables, avec 350 heures à Dinard, un record tous mois confondus pour la station. Cette combinaison de chaleur, de sécheresse et de vent a fortement favorisé les mégafeux notamment en Gironde, dans le Var et dans plusieurs autres régions françaises.
L’Europe centrale et les îles Britanniques sous pression
L’Europe centrale a également subi une chaleur exceptionnelle. En Autriche, la station de Wieselburg a enregistré 40,3°C le 31 juillet, établissant un nouveau record national pour un mois de juillet. En Allemagne, la chaleur a culminé le 30 juillet avec 40,5°C à Bernburg (Saxe-Anhalt) et 40,4°C à Kitzingen (Bavière). En Hongrie, Budapest a connu plusieurs journées proches des 40°C à partir de la fin juillet.
Les îles Britanniques n’ont pas été épargnées. L’Angleterre et le Pays de Galles ont connu leur mois de juillet le plus sec depuis au moins 190 ans avec seulement 5,6 mm de pluie en moyenne en Angleterre et 7,9 mm au Pays de Galles, soit à peine 8% des précipitations habituelles. À l’échelle du Royaume-Uni, il s’agit du troisième mois de juillet le plus sec jamais observé.
Le Met Office a souligné que la combinaison d’une sécheresse record, d’une chaleur exceptionnelle et d’un ensoleillement sans précédent a donné lieu à l’un des mois d’été les plus marquants de l’histoire. Cette situation a des répercussions majeures sur les populations, les ressources en eau, les écosystèmes et les incendies de forêt.



