Aller au contenu
6 octobre 2026

Rapport OMM 2026 : sécheresse record et recul des glaciers

2025 s’est imposée comme l’une des années les plus arides, témoignant d’un cycle hydrologique de plus en plus instable.

Rapport OMM 2026 : sécheresse record et recul des glaciers

Le rapport mondial sur l’état des ressources en eau a été présenté le 17 septembre 2026 à Genève, sous la présidence de Mme Celeste Saulo, secrétaire générale de l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Cette synthèse, qui couvre l’année 2025, montre que le cycle de l’eau s’est rendu de plus en plus irrégulier et imprévisible alternant pénuries et excès. Les données proviennent de 13 modèles hydrologiques mondiaux, enrichis par les observations de services météorologiques nationaux.

Sécheresse record en 2025 et dérèglement du cycle hydrologique

Selon le rapport, 2025 se classe parmi les trois années les plus sèches observées au cours des trente-cinq dernières années, avec des débits fluviaux inférieurs à la moyenne sur plus de 36 % de la surface des bassins hydrographiques mondiaux. Le nombre de bassins affichant un écoulement « normal » a chuté à 34 %-38 % contre une moyenne historique de 46 % entre 1991 et. Cette rareté des flux a été confirmée par les services météorologiques et hydrologiques nationaux (SMHN), qui signalent des épisodes de sécheresse sans précédent depuis 1991.

Le rapport souligne une perte continue des glaciers pour la quatrième année consécutive, toutes les régions glaciaires ont enregistré un recul de masse. Entre et 2025, la perte cumulée s’élève à 1 400 gigatonnes d’eau, soit le volume équivalent à 560 millions de piscines olympiques – environ un tiers des prélèvements annuels d’eau douce. Parallèlement, les eaux souterraines montrent un déséquilibre majeur: près de deux-tiers des puits surveillés ont présenté en 2025 des débits en dehors des normes historiques, accentuant le déficit déjà observé en.

Réserves continentales en chute

Les réserves d’eaux continentales – eau souterraine, lacs, cours d’eau, humidité du sol, végétation, glace et neige – diminuent depuis le milieu des années. Cette tendance entraîne la perte du rôle de « compte d’épargne » de la planète, décrit par Mme Saulo comme la capacité d’atténuer les années de sécheresse. Le déficit croissant menace la résilience des écosystèmes et des sociétés dépendantes.

Impacts régionaux et appel à la coopération internationale

Les cinq dernières années, l’Asie et l’Afrique ont été à l’origine de plus de la moitié des épisodes extrêmes liés à l’eau, et ont enregistré plus de 80 % des décès associés. Le renforcement du phénomène El Niño, mentionné dans le rapport, augmente les risques de sécheresse dans certaines zones et d’inondations dans d’autres. Mme Saulo rappelle que « l’eau ne respecte pas les frontières »: le débit d’un bassin peut dépendre des actions d’un voisin, et le recul d’un glacier affecte les populations situées à des centaines de kilomètres en aval. Elle insiste sur la nécessité de partager données, normes et alertes précoces, mission fondamentale de l’OMM.

Les autorités mondiales sont appelées à intensifier la coopération pour protéger la précieuse ressource qui traverse les frontières.

Julien Moreau
Auteur

Julien Moreau