Le projet Cigéo, destiné à stocker les déchets nucléaires hautement radioactifs à 500 mètres sous terre près de Bure, en Meuse, vient de franchir une étape cruciale. La commission d’enquête publique a rendu un avis favorable, mais assorti de réserves significatives et de recommandations.
Cette décision, annoncée lundi 14 septembre, ouvre la voie à une éventuelle autorisation par le gouvernement. Le projet, porté par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) vise à enfouir quelque 83 000 m³ de déchets qui resteront dangereux pendant des centaines de milliers d’années. La phase industrielle pilote est prévue pour 2050.
Un avis favorable sous conditions
La commission d’enquête a émis deux réserves et deux recommandations dans son avis rendu en août. Les réserves concernent principalement le contrôle parlementaire sur la phase industrielle pilote, notamment ses limites dans le temps et l’espace, La commission recommande également que la question de la fiscalité des communes soit réglée avant la signature du décret d’autorisation.
L’Andra a salué la diversité des contributions recueillies pendant les deux mois d’enquête, soulignant que les 3 166 contributions reflètent une variété de points de vue et de préoccupations. Cependant, la coordination Stop Cigéo, qui rassemble les opposants au projet, a dénoncé un décalage saisissant entre la conclusion de l’avis et les développements du rapport.
Un projet coûteux et controversé
Le coût du projet Cigéo a récemment été réévalué à 33,36 milliards d’euros, contre 25 milliards envisagés en. La commission d’enquête estime que le mode de financement, qui fait porter sur les producteurs de déchets l’effort financier, apporte des garanties et exonère l’État de cette charge. Cependant, certains volets ne sont pas financés, comme les aléas, la récupérabilité des colis et la surveillance post-fermeture.
Les opposants au projet estiment que le nombre important de démonstrations de sûreté restant à apporter, Ils alertent sur la dangerosité de cet avis qui ouvre la porte à un chantier colossal aux contours mal définis.
La lutte continue pour les opposants
Juliette Geoffroy, de la coordination Stop Cigéo, appelle à poursuivre le combat, notamment sur le plan juridique. Elle souligne que la lutte ne fait que commencer et que les incertitudes identifiées par les opposants peuvent être levées par l’Andra pendant la phase d’industrialisation pilote, sous le contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR).
Le projet Cigéo, évoqué et controversé depuis plus de 30 ans, reste donc un sujet de débat intense. Alors que certains y voient une solution nécessaire à la gestion des déchets nucléaires, d’autres craignent les risques potentiels pour l’environnement et les générations futures.



