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6 octobre 2026

La Nasa et Katalyst Space tentent de stabiliser le remorqueur LINK

Le remorqueur spatial LINK, conçu par Katalyst Space, a subi une panne critique en orbite, menaçant la mission de sauvetage du télescope Swift. La Nasa et Katalyst tentent de stabiliser l'engin avant de poursuivre l'opération.

La Nasa et Katalyst Space tentent de stabiliser le remorqueur LINK

Dans l’immensité de l’espace, une mission de sauvetage tourne au drame. Le remorqueur spatial LINK développé par Katalyst Space a subi une panne critique en orbite, mettant en péril la mission de sauvetage du télescope Swift. La NASA en collaboration avec Katalyst, tente désespérément de stabiliser l’engin avant de poursuivre l’opération.

Lancé début juillet, LINK avait pour mission de prolonger la vie du télescope Swift, en orbite depuis 2004. Sans intervention, Swift serait condamné à une rentrée atmosphérique inévitable, mettant fin à 22 ans de découvertes scientifiques. La mission de sauvetage, d’une complexité sans précédent, repose sur la capacité de LINK à s’arrimer au télescope et à le ramener à une orbite plus élevée.

Une panne critique en orbite

Tout semblait se dérouler selon le plan jusqu’à ce que LINK subisse une série de défaillances critiques. Deux des trois roues de réaction du satellite, essentielles pour contrôler son orientation, sont tombées en panne. Résultat, l’engin s’est mis à tournoyer, comme une toupie, rendant les communications avec les équipes au sol intermittentes.

La situation est d’autant plus critique que LINK utilise des propulseurs électriques à xénon conçus pour modifier son orbite et non pour stabiliser son attitude. Les ingénieurs de Katalyst ont dû improviser une manœuvre pour ralentir la rotation de l’engin. En l’espace de 48 heures, ils sont parvenus à réduire la vitesse de rotation de 9 à moins de 4 degrés par seconde.

Une course contre la montre

Stabiliser LINK ne règle toutefois qu’une partie du problème. Privé de ses gyroscopes principaux, le véhicule a un problème d’orientation à long terme. Les ingénieurs développent un tout nouveau logiciel de contrôle d’attitude en réaffectant les propulseurs encore opérationnels. Ce nouveau système de guidage sera testé en simulation au sol avant d’être téléversé directement en orbite.

Toutes ces péripéties à des centaines de kilomètres d’altitude entraînent une forte modification du calendrier du rendez-vous spatial avec Swift. Prévue début août, la tentative d’approche est repoussée vers la fin du mois. Le sauvetage de Swift est toujours d’actualité, à condition que LINK arrive à bien s’orienter.

Un pari technologique

Au-delà du destin du télescope, cette mission devait servir de démonstrateur technologique. En confiant ce contrat à Katalyst, la Nasa souhaitait tester les capacités d’une nouvelle génération d’acteurs privés capables de réparer, ravitailler ou prolonger la durée de vie de satellites déjà en orbite.

La maintenance en orbite est devenue l’un des nouveaux champs de bataille de l’industrie spatiale. Pouvoir réparer un satellite plutôt que le remplacer promettrait d’économiser des centaines de millions d’euros et de réduire les débris spatiaux. L’armée américaine s’intéresse d’ailleurs de près à ces technologies, capables aussi bien d’entretenir des satellites alliés que d’inspecter ceux de puissances rivales.

Pour l’heure, toute l’attention est tournée vers un satellite qui devait sauver un télescope vieillissant et qui lutte désormais pour retrouver son propre équilibre. Une situation qui rappelle qu’à plus de 500 kilomètres au-dessus de nos têtes, même les missions les plus prometteuses restent suspendues à quelques composants de quelques centimètres.

Marc Aubertin
Auteur

Marc Aubertin

Marc Aubertin est passé par un doctorat en physique avant de choisir le journalisme. Il lit les publications dans le texte et sait reconnaître une étude préliminaire d'un résultat consolidé.