Dans un monde où la vitesse et l’adrénaline dominent souvent les activités de plein air, une nouvelle tendance émerge: la grimpe d’arbres. Contrairement aux parcours d’accrobranche traditionnels, cette pratique met l’accent sur le ralentissement et le lien avec le vivant offrant une expérience unique en son genre.
C’est dans la forêt d’Arbois en Jura que nous avons rencontré un groupe d’adolescents passionnés par cette activité. Sous la guidance de Benoît éducateur en grimpe d’arbres, ils ont partagé leurs réflexions sur l’importance des arbres dans notre quotidien.
Une activité ancrée dans le respect de la nature
La grimpe d’arbres se distingue par son approche respectueuse de l’environnement. Contrairement aux parcours d’accrobranche, qui peuvent être invasifs pour les forêts, cette pratique utilise des techniques d’arboriculture pour se hisser progressivement vers les cimes. Les participants apprennent à reconnaître les différentes essences d’arbres et à comprendre leur rôle écologique.
« À nous permettre de respirer ! », lance Lorenzo. « À faire de l’ombre ! », ajoute Milo. « À se sentir bien, on peut tout leur confier ! », poursuit Sohan. Ces jeunes participants, âgés de 11 à 14 ans, ont su exprimer avec justesse les multiples bienfaits des arbres.
Une pratique en pleine expansion
Née il y a quarante ans dans les hêtres du Pilat (Ardèche), la grimpe d’arbres est aujourd’hui en plein essor. Cette activité est le fruit d’une collaboration entre des travailleurs sociaux et des élagueurs, qui souhaitaient élargir l’accès aux arbres. Benoît éducateur depuis vingt ans au sein de son association Idéehaut explique que cette pratique permet de créer un lien profond avec la nature.
Les participants doivent d’abord remettre un « ticket d’entrée »: un élément de la nature qui commence par la première lettre de leur prénom. Cette étape symbolique marque le début de leur aventure dans les arbres. Les adolescents apprennent à reconnaître les différentes essences d’arbres et à comprendre leur rôle écologique.
Un retour aux sources
La grimpe d’arbres offre une expérience unique, loin des parcours d’accrobranche traditionnels. Les participants apprennent à se hisser progressivement vers les cimes à l’aide de cordes, en utilisant les techniques des arboristes. Cette activité permet de développer des compétences techniques tout en favorisant une meilleure compréhension de l’environnement.
Assis par terre en cercle dans la forêt d’Arbois, les adolescents dissertent des vertus des géants qui, au-dessus de leurs têtes, atténuent la chaleur caniculaire de ce matin estival. Ils participent à un camp nature organisé par La Séquanaise une association d’éducation populaire locale, sur le thème « le temps s’arrête ». Depuis deux jours, ils n’ont ni montre, ni téléphone portable, ce qui leur permet de se reconnecter avec la nature.
Désignant l’arbre au pied duquel ils se trouvent, l’animateur leur demande: « Qui peut me dire de quelle essence il s’agit ? » « C’est un hêtre, car il a des poils, alors que le charme a des dents ! », répond Léo qui a retenu le moyen mnémotechnique: « Le charme d’Adam, c’est d’être à poil. »
C’est donc dans ce hêtre « qui a entre 80 et 100 ans, l’équivalent d’un ado pour les humains », que le petit groupe s’apprête à s’initier à la « grimpe d’arbres ». Cette activité, qui consiste à se hisser progressivement vers les cimes à l’aide de cordes, grâce aux techniques des arboristes, est en plein essor aujourd’hui.



