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8 octobre 2026

Industries du conditionnement dépensent 2,5 M€ pour freiner la loi Agec

Le lobby du plastique a dépensé 2,5 M€ en 2025 pour contrer la législation anti‑jetable, avec l’appui de géants comme L’Oréal et le groupe LVMH.

Industries du conditionnement dépensent 2,5 M€ pour freiner la loi Agec

Le lobby du plastique s’est affiché très présent en 2025, notamment lors des débats parlementaires portant sur la réduction du plastique à usage unique. Une enquête menée à partir des données du registre de la Haute autorité de transparence pour la vie publique (HATVP) révèle que les acteurs du conditionnement ont déboursé 2,5 millions d’euros en une seule année pour influencer le processus législatif.

Cette somme intervient alors que la loi Anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec) avait fixé, entre et 2025, un objectif de réduction de 20 % des emballages plastiques à usage unique. Malgré cette ambition, la mise sur le marché de produits jetables montre une tendance à la hausse, soulevant des questions sur l’efficacité des mesures retenues.

Des dépenses record du lobby en 2025

Le chiffre de 2,5 M€ représente la première estimation chiffrée et vérifiable des moyens financiers mobilisés par le secteur de l’emballage pour contrer les textes environnementaux. Les données, extraites du registre des représentants d’intérêts de la HATVP, montrent que ces montants ont été alloués à des actions de communication, de consultation d’experts et de suivi parlementaire, afin de modeler les débats à l’avantage des industriels.

Qui finance ces actions ?

Parmi les principaux bailleurs de fonds, on retrouve des marques de consommation très visibles comme L’Oréal mais également des groupements spécialisés tels que PlastalliancePolyvia et Elipso. Le secteur du recyclage, représenté par PaprecSuez et Veolia participe aussi largement au financement, démontrant que l’ensemble de la chaîne de valeur du plastique est investie dans la défense de ses intérêts.

Une influence qui freine la transition

Les dépenses décrites ci-dessus ont eu des répercussions concrètes sur le texte législatif. La taxe plastique prévue pour inciter les producteurs à réduire leurs emballages, a été repoussée à la dernière minute de l’année précédente, sous la pression de ces acteurs. De même, plusieurs dispositions de la loi Agec, censées accélérer le retrait du tout-jetable, ont été atténuées ou totalement retirées du projet de loi final.

Cas emblématiques: L’Oréal et le groupe LVMH

Le fleuron du groupe LVMH détenu par le milliardaire Bernard Arnault a joué un rôle déterminant. En mobilisant son réseau d’influence, la maison a œuvré en sous-main pour faire passer les intérêts privés avant les impératifs environnementaux, cherchant à limiter l’impact financier d’une éventuelle taxe plastique sur ses activités de mise en marché de produits cosmétiques.

Conséquences sur les objectifs -2025

En raison de ces pressions, le rythme de diminution des emballages à usage unique a stagné, voire reculé, compromettant l’objectif de 20 % de réduction fixé par la loi Agec. Le report de la taxe plastique enlève un levier économique crucial, laissant les consommateurs face à une offre qui reste largement dominée par des contenants légers, peu coûteux et très faciles à commercialiser.

Léa Vasseur
Auteur

Léa Vasseur

Léa Vasseur couvre les technologies depuis douze ans, d'abord pour la presse professionnelle puis en indépendante. Elle s'intéresse moins aux annonces produit qu'à ce qu'elles changent concrètement dans le travail et les usages.