Sorti le week-end dernier aux États-Unis, Digger était annoncé comme le grand rendez-vous cinématographique de l’été, réunissant l’acteur phare de la saga Mission: Impossible et le réalisateur primé Alejandro González Iñárritu. Pourtant, dès les premières séances, le film a montré des signes d’échec, suscitant des débats parmi les critiques dès son apparition sur Rotten Tomatoes, où il ne recueille que 51 % de notes positives – le score le plus bas d’un long-métrage porté par Tom Cruise depuis une décennie.
Au niveau domestique, les chiffres sont sans appel: le film a généré 8 millions de dollars dans plus de 3 000 salles nord-américaines, bien en dessous des prévisions de Warner Bros., qui comptait sur une entrée de 12 à 15 millions dès le premier week-end. Cette performance représente le pire démarrage pour la star depuis le film Lions et Agneaux (2007), qui n’avait atteint que 6,7 millions à son ouverture.
Chiffres internationaux et budget colossal
Sur le plan mondial, Digger peine également à décoller. Le film n’a encaisser que 12 millions de dollars dans 73 pays portant son total à environ 20 millions d’euros au box-office global. Le budget de production, hors marketing, était estimé à 125 millions de dollars et aurait même pu atteindre 180 millions après un tournage prolongé. Les analystes estiment qu’un démarrage d’environ 40 millions aurait été nécessaire pour rendre l’opération viable, ce qui signifie que les pertes potentielles pourraient se chiffrer entre 150 et 200 millions de dollars.
Conséquences pour Warner Bros. et le panorama cinématographique
Ces résultats arrivent à un moment critique pour Warner Bros. qui traverse une phase de transition managériale. En 2026, le studio a déjà enregistré plusieurs désillusions, dont Les Ensorceleuses 2The End of Oak Street et The Bride. L’échec de Digger vient donc s’ajouter à une série de titres qui n’ont pas atteint leurs objectifs financiers, contrastant fortement avec le succès de Verity adaptation du roman de Colleen Hoover portée par Anne Hathaway et Dakota Johnson, qui cumule 32,6 millions de dollars aux États-Unis et près de 63 millions à l’international.
Un record d’échec comparé aux précédents titres de Cruise
Si l’on compare les performances de Digger aux échecs antérieurs de Tom Cruise, on constate que le film dépasse le niveau de Lions et Agneaux (2007) en termes de perte relative, bien que le budget de ce dernier était bien moindre. Aucun des projets de la star post-2000 n’avait atteint un échec aussi prononcé, à l’exception de quelques productions modestes des années 80, lorsque l’acteur n’était pas encore la figure mondialisée qu’il est aujourd’hui. Cette situation met en lumière le risque élevé d’investir plus de 150 millions dans une production dont la thématique – une satire noire d’une catastrophe écologique – ne séduit pas le grand public.
Le film demeure néanmoins un exemple de la volonté de Tom Cruise d’explorer des rôles plus audacieux, même si les chiffres du box-office semblent indiquer que le public n’est pas encore prêt à accepter ce virage.



