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6 octobre 2026

Incendies dans les Landes : comment transformer la gestion forestière pour réduire les risques

Les forêts des Landes, dominées par le pin maritime, sont particulièrement vulnérables aux incendies. Découvrez comment des pratiques sylvicoles innovantes pourraient renforcer leur résilience.

Incendies dans les Landes : comment transformer la gestion forestière pour réduire les risques

Les forêts des Landes de Gascogne avec leurs 800 000 hectares de pin maritime, sont un paysage emblématique mais aussi un territoire en première ligne face aux incendies. Face à l’intensification des feux, une question se pose: comment rendre ces forêts plus résilientes ?

Les solutions passent par une transformation profonde de la gestion forestière. Diversifier les espèces, les structures et les âges des peuplements pourrait non seulement réduire les risques d’incendies, mais aussi améliorer la biodiversité et la résilience face aux pathogènes.

Les Landes de Gascogne: un massif forestier unique mais vulnérable

Les Landes de Gascogne constituent la plus grande forêt de plantation d’Europe. Historiquement, le pin maritime a été privilégié pour sa tolérance aux sols sableux et sa productivité élevée. Cependant, cette monoculture intensive a créé des paysages forestiers homogènes, particulièrement vulnérables aux incendies.

Les feux dans les Landes ne sont pas nouveaux, mais le réchauffement climatique accentue leur intensité et leur fréquence. Les mégafeux ces incendies de grande ampleur, deviennent de plus en plus difficiles à maîtriser. Plusieurs facteurs expliquent cette vulnérabilité: la densité des boisements, l’inflammabilité du pin maritime, la biomasse morte au sol et la continuité des combustibles.

Les facteurs aggravants des incendies dans les Landes

Les plantations de pin maritime comptent généralement entre 1 100 à 1 400 arbres par hectare au départ, réduits à environ 300 arbres par hectare avant la coupe finale. Cette densité élevée, combinée à l’homogénéité des peuplements, favorise la propagation rapide des flammes.

Les aiguilles du pin maritime, riches en composés inflammables, sèchent facilement et alimentent les feux. De plus, la biomasse morte, comme les aiguilles et les débris végétaux, forme un tapis combustible au sol. Enfin, la continuité des combustibles, favorisée par les vastes peuplements homogènes, permet le passage des feux de surface aux feux de cime, bien plus intenses et difficiles à contrôler.

Les solutions pour une forêt plus résiliente

Pour réduire les risques d’incendies, plusieurs stratégies peuvent être envisagées. La diversification des espèces est une piste prometteuse. Introduire des feuillus comme le chêne tauzin ou le bouleau verruqueux pourrait limiter l’inflammabilité des peuplements.

Diversifier la structure et l’âge des peuplements est également crucial. Des paysages formés de plantations d’arbres de même âge favorisent la propagation des flammes. À l’inverse, des structures irrégulières et des âges variés créent une mosaïque plus hétérogène, limitant la propagation des incendies.

Maintenir un couvert forestier continu dans le temps est une autre solution. Privilégier les coupes sélectives plutôt que les coupes rases permet de conserver une partie du couvert et des arbres d’âges différents. Cela contribue à préserver un microclimat plus humide et favorise la régénération naturelle.

Renforcer les zones d’appui de la Défense des forêts contre les incendies (DFCI) est également essentiel. Élargir les zones à moindre combustibilité autour des axes stratégiques pourrait réduire l’intensité et la vitesse de propagation des feux.

Gérer la biomasse inflammable est un autre enjeu. Réduire les combustibles les plus inflammables, comme la litière sèche d’aiguilles et les petites branches, tout en conservant une partie du bois mort nécessaire à la biodiversité, pourrait limiter le risque d’incendies sévères.

L’écoforesterie: une approche globale

Ces pratiques relèvent de l’écoforesterie une approche qui cherche à gérer la forêt en tenant compte des conditions écologiques et des perturbations naturelles. Cette méthode vise à concilier production forestière, biodiversité et adaptation aux changements globaux.

Diversifier les peuplements peut également les rendre moins vulnérables à certains ravageurs. Par exemple, des mélanges de pins maritimes et de bouleaux se sont révélés plus résistants à la processionnaire que les monocultures de pin.

Cependant, l’écoforesterie ne peut pas empêcher les incendies extrêmes, notamment ceux causés par des facteurs météorologiques exceptionnels. Elle vise surtout à réduire la sévérité et la propagation des feux et à renforcer la résilience post-incendie.

Face au changement climatique et au risque croissant d’incendie, poursuivre la gestion actuelle entraînerait des baisses de revenus forestiers drastiques. L’écoforesterie, bien que nécessitant un investissement initial, offre une solution durable pour protéger les forêts des Landes.

Élise Nguyen
Auteur

Élise Nguyen

Élise Nguyen a couvert plusieurs COP et suit les politiques climatiques françaises et européennes. Formée à la lecture des rapports scientifiques, elle traduit les données du GIEC sans les dramatiser ni les diluer.