En Colombie, les réseaux sociaux sont devenus un terrain de jeu dangereux pour les groupes armés. Une enquête récente de Human Rights Watch (HRW) révèle que Facebook et TikTok sont utilisés pour recruter des mineurs, malgré les mécanismes de modération en place. Cette pratique, qui glorifie la vie au sein des groupes armés, contribue à une hausse alarmante du recrutement d’enfants depuis.
Les groupes armés colombiens, y compris les dissidences des ex-FARC et l’ELN, exploitent ces plateformes pour diffuser des contenus attrayants, promettant une vie de luxe et de protection. Les vidéos montrent souvent des adolescents en tenue militaire, exhibant des liasses de billets et des bijoux, ou écoutant des narcocorridos des chansons qui célèbrent le monde du trafic de drogue.
Un recrutement ciblé et alarmant
Selon HRW, plus de 1.500 cas de recrutement d’enfants ont été recensés depuis. Plus de 30% des mineurs enrôlés ont entre 10 et 14 ans, et près de la moitié appartiennent à des communautés indigènes. Les filles, qui représentent 40% des cas, sont particulièrement vulnérables aux violences sexuelles.
Les groupes armés utilisent des stratégies de marketing sophistiquées pour attirer les jeunes. Ils proposent de fausses offres d’emploi et exploitent les algorithmes des réseaux sociaux pour maximiser la visibilité de leurs contenus. Mathew Charles directeur de la fondation Mi historia explique que ces groupes vendent un style de vie attrayant, en projetant une image de masculinité et de réussite facile.
Les plateformes sous pression
HRW a signalé le problème à Meta la maison mère de Facebook, et à ByteDance propriétaire de TikTok. Les deux entreprises ont affirmé avoir supprimé les contenus signalés et s’efforcent d’améliorer leurs stratégies de modération. Cependant, les critiques persistent, soulignant que les algorithmes des réseaux sociaux semblent même promouvoir ces contenus.
Juanita Goebertus directrice de HRW pour les Amériques, insiste sur la nécessité pour les plateformes numériques de reconnaître leur rôle dans ces recrutements. Elle souligne que ces pratiques peuvent être considérées comme des crimes de guerre au regard du droit international.
La nécessité d’une réponse collective
Face à cette situation, les experts appellent à une réponse collective. Mathew Charles souligne l’importance de démasquer les tromperies et de créer des contre-discours pour informer les jeunes sur les véritables dangers du recrutement par les groupes armés. Les autorités colombiennes et la société civile doivent travailler ensemble pour protéger les enfants et les adolescents.
Les réseaux sociaux, bien que puissants, ne peuvent pas résoudre ce problème seuls. Une collaboration entre les plateformes, les gouvernements et les organisations de la société civile est essentielle pour mettre fin à cette pratique inhumaine.



